L'aide à domicile et la fin de vie

L’aide à domicile et la fin de vie
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# Posté le samedi 13 octobre 2007 17:54

Modifié le mercredi 17 octobre 2007 09:40

La souffrance de vieillir

La souffrance de vieillir
LA SOUFFRANCE DE VIEILLIR : Article complet cliquez ici
Vieillir, affronter son vieillissement et celui de son entourage, est une entreprise douloureuse, et elle s'accompagne toujours de symptômes qui ne font qu'en révéler la difficulté. Ce sont ces symptômes que nous allons essayer de définir dans leur variété, ils conditionnent l'attitude qu'il est souhaitable d'avoir dans l'accompagnement du sujet vieillissant.

1) L'angoisse :

Elle est omniprésente, et liée à plusieurs causes :

La prise de conscience du vieillissement : elle peut être l'occasion d'une crise profonde. Toute crise est toujours une déstabilisation (et le prototype en est la crise de l'adolescence). La crise est angoissante de deux manières : d'une part il faut se dessaisir de ce qu'on possédait ou de ce qu'on était, et rien ne garantit qu'on ne regrettera pas ce qu'on a perdu ; d'autre part il faut aller vers autre chose, sur quoi on n'a pas davantage de garantie.
La perte progressive des capacités intellectuelles : On a beau dire que les gains compensent les pertes, il s'agit d'abord d'un processus de perte, et le sujet âgé n'a aucune garantie quant aux limites de cette perte : la menace de la démence, ne particulier, ne peut être écartée, et lorsque le sujet constate l'aggravation de son trouble mnésique, il n'a aucun moyen (et le médecin non plus) de savoir si cette aggravation préfigure une démence ou si elle n'est qu'un épisode mineur : le diagnostic de démence repose sur l'évolution.
Les réactions de l'entourage : La question se pose de savoir comment l'entourage va tolérer cette crise : le risque si la crise dure est que le la famille décide une mise en institution, une mesure de tutelle... Le sujet âgé se demande donc ce qui va se passer si la famille décide de dramatiser la situation.
L'attitude de l'entourage, familial et institutionnel peut donc aggraver ou au contraire diminuer cette angoisse. Tout va dépendre du regard plus ou moins bienveillant que cet entourage va poser sur la personne âgée.

2) Les deuils successifs :

Ils entraînent inévitablement une réaction dépressive. Cette dépression est normale, mais elle peut être renforcée et devenir pathologique si les autres, de manière consciente ou non, mettent l'accent sur les déficits et la dépendance du « vieux ». La dépression du sujet âgé est ainsi très fréquente, et il faut savoir la reconnaître et la traiter, d'autant qu'elle peut prendre le masque d'une démence. Les traitements sont efficaces, à condition d'être énergiques, et il faut rappeler ici, par exemple que le meilleur traitement de la dépression grave chez le sujet âgé reste l'électrochoc.

3) Le délire :

Une autre solution est évidemment le délire (de persécution, de préjudice) mais aussi les hallucinations. Cependant il faut ici nuancer : il ne faut pas prendre pour un délire le fait que le sujet âgé peut devenir plus autoritaire ; il peut simplement sentir sa liberté lui échapper ; il peut avoir mal compris, mal entendu, il peut avoir oublié.

Les questions d'argent prennent une place plus importante, et la peur d'être abusé devient prédominante. Il ne faut pas considérer que le sujet âgé délire alors qu'il s'est simplement trompé (mais quelle différence entre l'erreur et le délire ?) ; et naturellement nous faisons ici l'impasse sur le fait que bien souvent le sujet âgé qui délire et raconte qu'on l'a spolié ne délire absolument pas.

Toujours est-il que cette revendication est aussi, et sans doute d'abord, un des derniers moyens qui restent au sujet âgé d'affirmer son existence : quiconque a travaillé en équipe a vu le patron prendre une colère que rien ne justifie mais qui a pour seule fonction de rappeler, à un moment où, précisément, tout va bien, que c'est lui le patron.

4) L'agressivité :

Une autre issue est l'agressivité, les cris : elle est rendue possible par la perte du sens des convenances : il est logique que le sujet âgé perde le fil de la réalité, puisque cette réalité ne lui sert plus à rien et que lui-même n'a plus de place dans cette réalité.

Alors cèdent les barrières qui étaient imposées par la vie en société, et le sujet âgé se laisse aller à un comportement qui obéit aux règles régissant celui du nourrisson : le monde ne vaut qu'en tant qu'il distribue frustrations et plaisirs. Rien ne s'oppose alors à ce qu'on passe sa journée à crier : il n'y a aucune raison de chercher à respecter les autres.

5) La confusion mentale :

Le vieillard est en général conscient de ses défaillances et souffre en particulier de ses troubles de mémoire. Ceux-ci peuvent être aggravés par l'anxiété et l'humiliation provoquées par un entourage maladroit. Risque alors de s'introduire un certain degré de confusion mentale : les souvenirs lointains, ceux d'un paradis perdu, en somme, affluent à la conscience avec une acuité qui surprend l'entourage, et se mêlent avec le vécu présent de curieuse façon ; les liens de parenté en particulier sont souvent intervertis, et cette vieille dame redevient la fille de sa propre fille.

Toute la question est de savoir s'il faut ou non lutter contre un tel mécanisme, ce qui revient à se demander qui est gêné. Mais il faut également se méfier : la confusion mentale est un symptôme, et non une maladie, et toute confusion fait avant tout poser la question de sa cause ; elle peut être liée à un problème physique (médicament, infection, hypoglycémie...), mais elle peut aussi être liée à une démence.

6) La démence :

A l'extrême, le sujet peut se réfugier dans la démence, c'est-à-dire renoncer à penser parce que la pensée est trop effrayante. Un travail spécifique sera consacré à cette question.

7) Le repli sur soi :

Mais bien entendu la réaction la plus fréquente est le repli sur soi, forme mineure de tout ce qui vient d'être énoncé. Ce repli sur soi résulte de la constitution d'une carapace permettant au sujet âgé de ne pas trop souffrir : un tel mécanisme défensif est identique à celui qu'on met en œuvre dans la névrose, avec deux inconvénients :

La carapace n'est pas parfaite, et laisse passer de la souffrance.
La carapace est elle-même inconfortable.
Mais c'est là un débat qui relève du psychologue. On ne fait que le citer pour rappeler que, très souvent, le sujet âgé se protège efficacement par un extraordinaire égoïsme.

Quiconque a vécu en institution n'a pas manqué d'être frappé par l'indifférence avec laquelle les résidents accueillent le plus souvent les décès de leurs compagnons. N'oublions pas toutefois qu'il reste un énorme travail à faire pour décider si cette indifférence est le reflet d'un égoïsme, si elle traduit le fait que le vieillard préfère ne pas s'attarder sur cette mort qui annonce la sienne ou encore si, plus simplement (et plus dramatiquement) il n'ose pas dire ce qu'il ressent ; d'ailleurs on observe souvent, surtout chez le dément, des réactions de deuil brèves mais violentes.

POURQUOI TOUT CELA ?
L'intervenant doit être averti de ces particularités ; côtoyer une personne âgée n'est pas un exercice simple. Pour cette raison il est très important de repérer les mécanismes en cause, ne serait-ce que pour éviter erreurs et déceptions.

Par exemple, il faut toujours tenir compte de la fatigabilité de la personne âgée : un entretien de dix minutes représente souvent un effort colossal, et il faut savoir le suspendre, revenir, changer d'activité.

Ou encore il faut savoir accepter le caractère décousu de la conversation : ce n'est souvent que plus tard, après l'entretien, que l'intervenant pourra faire la synthèse de ce qu'il a entendu et reconstituer ce qui souvent lui a été livré comme un puzzle.

De même les distorsions induites par le caractère différentiel du vieillissement sensoriel doivent être prises en compte : non seulement elles modifient la perception du monde extérieur, non seulement elles entravent la communication, mais encore elles mènent le sujet âgé, comme on l'a vu, à recentrer son fonctionnement mental vers l'intériorisation. L'intervenant verra alors très vite que sa présence compte bien plus que ses paroles, et que la personne âgée qui ne lui dit rien ne s'ennuie pas pour autant. Il devra faire preuve de discernement, car la question qui se pose à lui est la plus redoutable de toutes : faut-il, face au sujet qui par exemple se replie sur soi, accepter ce repli ou le combattre ? et plus précisément, quand faut-il l'accepter et quand le combattre ?

C'est ici qu'il faut se souvenir : accompagner, c'est suivre l'autre. L'accompagnant ne sait pas où il va (celui qui sait, c'est le guide) ; il sait seulement qu'il marche avec l'autre. Ce qui peut l'aider à accomplir sa tâche, c'est de comprendre où en est celui qu'il accompagne.

Si la personne âgée se trompe ou s'égare, la question se pose de la même façon : qu'exige le respect de l'autre ? C'est assurément manquer de respect que de faire l'impasse sur l'erreur commise ; mais ce peut être un manque de respect bien pire que de vouloir rectifier l'erreur. Ce qui importe là à l'intervenant, ce n'est pas de rectifier l'erreur, c'est de comprendre l'erreur : une personne prend sa fille pour sa mère, la question n'est pas de la détromper mais de comprendre pourquoi il faut que sa fille soit sa mère. Et le plus souvent il n'y a pas loin à chercher :

L'un des signes de la démence est la perte de la capacité à reconnaître les visages.
S'il faut que sa fille soit sa mère, c'est simplement que si sa mère est toujours vivante c'est qu'elle-même n'est pas si âgée que cela.
Et la tâche de l'intervenant sera alors seulement de trouver la réponse adaptée, qui ne nie ni n'affirme, et qui permet à l'autre de poursuivre le cours de sa pensée. L'intervenant n'est pas là pour réparer : d'abord la réparation des mécanismes est un travail de soignant ; ensuite la question n'est pas de savoir pourquoi il prend sa fille pour sa mère mais ce qu'il dit quand il le dit.

Enfin et peut-être surtout la connaissance de ces particularités permet à l'intervenant de se rassurer, et de ne pas être dérouté par un mode de fonctionnement inhabituel. C'est ce qui lui donnera la disponibilité nécessaire pour être attentif à la seule chose qui vaille réellement : permettre à la personne âgée d'accomplir son travail.

Car la personne âgée est à la fin de sa vie, et elle a un travail important à faire, qui rejoint ce qui a été dit au début. La personne âgée est inutile, dit-on. On entend par là qu'elle n'est plus efficace pour transformer le monde de la matérialité. Mais si elle n'avait aucune utilité la question de l'euthanasie se poserait autrement. S'il est interdit d'écourter son existence, il faut que ce soit en raison de sa valeur ; et si on ne veut pas réduire cette valeur à un quelconque « caractère sacré de la vie humaine », il faut que ce soit en raison d'une autre valeur.

La vie du sujet âgé a une valeur en ce que la période de la vieillesse est le temps où le sujet peut comprendre que sa vie a eu un sens. Découvrir le sens de sa vie, et pouvoir en attester, ne serait-ce que devant l'intervenant qui écoute, tel est au fond l'enjeu de toute fin de vie, et tous ceux qui y parviennent assument leur fonction, qui est précisément de témoigner que l'existence humaine n'est pas frappée du stigmate de l'absurde.

Connaître les éléments de la vie de la personne, de son histoire, de ses repères affectifs pour mieux l'accompagner dans le respect de son chemin : la réalité la plus précieuse est la réalité subjective, celle qui est sentie, vécue. C'est cela qu'il faut entendre. Au fond on arrive à des choses assez simples.

Docteur Michel Cavey

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# Posté le samedi 13 octobre 2007 17:46

Modifié le dimanche 14 octobre 2007 03:17

Technologies nouvelles susceptibles d'améliorer les pratiques gérontologiques et la vie quotidienne des malades âgés et de leur famille

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Merci à playmo pour nous avoir trouvé cet article.

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# Posté le dimanche 07 octobre 2007 08:05

Modifié le dimanche 14 octobre 2007 03:22